16Juin 2014

Le budget Leitão 2014-2015 laisse le RQCC perplexe

C’est avec beaucoup d’inquiétude que le Réseau québécois du crédit communautaire (RQCC) prend connaissance du budget du ministre des Finances du Québec, monsieur Carlos Leitão.  Bien que ce premier budget du nouveau gouvernement de Philippe Couillard se veuille sous le signe de la relance et du redressement, très peu de mesures pour l’entrepreneuriat sont annoncées alors que nous savons que le développement d’un Québec riche et prospère passe par le développement de l‘entrepreneuriat pour tous.

En effet, pour contribuer à la croissance économique du Québec, il faut  pouvoir compter sur la présence  d’initiatives qui offrent une alternative d’accompagnement et de financement de petites et moyennes entreprises portés par des personnes à faible revenu et donc sans garanties. Le travail des organismes membres du RQCC est sous financé depuis toujours par le gouvernement. C’est pourquoi, le RQCC est déçu de voir ledit  budget d’opération subir une coupure de 10%  surtout  que ce même budget n’a bénéficié d’aucune indexation depuis 2007.

 Le RQCC, un investissement qui rapporte

À la suite de la lecture du budget, Madame Mona Beaulieu, nouvelle présidente du conseil d’administration du RQCC, se questionne quant à la place que le gouvernement compte réellement donner à l’entrepreneuriat et au crédit communautaire dans l’économie du Québec. « Nous sommes conscients que le gouvernement souhaite un contrôle des dépenses responsable et que l’équilibre budgétaire est l’une de ses priorités. Par contre, il a été démontré que pour chaque dollar investi au RQCC par le gouvernement, 1,63 $ est retourné dans les coffres de l’état en revenu fiscal net. Ce qui prouve que nous ne sommes pas une dépense pour le gouvernement, mais bien un investissement. »

Le RQCC, un risque nul pour le gouvernement

Par ailleurs la capitalisation du RQCC est constituée de sommes recueillies dans la collectivité ce qui représente un risque nul pour le gouvernement.  Il a d’ailleurs déjà été reconnu que peu d’investisseurs s’impliquent dans le financement des entreprises au stade de l’amorçage et du démarrage au Québec puisque ce type d’investissement exige une grande connaissance sectorielle et un accompagnement soutenu des entreprises financées. Madame Virginia Stikeman, qui depuis des années fait partie de la communauté d’investisseurs du crédit communautaire ajoute : « C’est exactement à ce stade que nous intervenons en crédit communautaire ! Pourquoi ne pas reconnaître l’apport de personnes, soucieuses de faire des investissements socialement responsables et qui  font don de leur argent ou le prêtent  aux organismes membres du RQCC afin que ceux ci continuent d’offrir des services de qualité aux entrepreneurs vulnérables financièrement? » 

La reconnaissance du RQCC, une action profitable pour le Québec

En effet renchérit madame Beaulieu, « Avec notre capitalisation privée et notre accompagnement de proximité, nous soutenons des entreprises porteuses d’avenir pour leur communauté. Nos chiffres le démontrent, en 14 ans le RQCC a contribué à créer et à consolider 7 500 emplois ! Mais sans l’appui conséquent du gouvernement pour notre budget d’opération, nous ne pourrons plus aider les communautés dans lesquelles nous sommes établis et cela pourrait représenter une perte considérable pour le Québec. »

En terminant, le RQCC salue la mesure mise en place permettant de favoriser l’immigration au Québec d’entrepreneurs étrangers talentueux et celle appuyant le démarrage et la croissance d’entreprises.